Notes de Juan Cendales (Traduction ARLAC)

La bête n'est que blessée

 

L'uribisme a été frappé au coeur même de son arrogance et de sa toute-puissance. L'arrêt de la Cour qui a refusé la possibilité de convoquer un référendum pour légaliser un troisième mandat présidentiel pour Uribe est davantage qu'une décision de constitutionnalité. C'est vraiment un jugement pénal qui condamne une longue liste de délits commis par une bande de délinquants pour se maintenir au pouvoir et poursuivre leur scandaleux enrichissement personnel et familial. Il devrait servir de chef d'accusation pour juger Uribe et ses quarante voleurs. Y compris le flambant Procureur, serviteur du régime et de ses méfaits.

 Le roi se retrouve nu au milieu de la rue. Avec toute sa pourriture. Jamais un président colombien n'avait montré autant de  voracité et d'absence totale de scrupules.

 La décision de la Cour est une victoire pour le mouvement populaire colombien et ses “réserves démocratiques”. Une victoire pour ceux qui ont affronté l'uribisme sans ambiguïtés et sans hésitations. Ceux qui l'ont combattu dans la rue, ceux qui ont dénoncé ses crimes.

 Mais la bête n'est pas vaincue. Elle n'est que blessée. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Au sein de l'oligarchie et de l'empire, on pense déjà depuis quelque temps à la nécessité d'une solution de rechange face au discrédit du président colombien le plus isolé sur la scène internationale de toute l'histoire du pays. Les seules à l'entourer de leurs sourires sont les multinationales voraces et affamées, en particulier les espagnoles.

 Le sénateur Jaime Dussan se trompe lorsqu'il dit que “l'on a sauvé l'État social de droit, la démocratie et les libertés”. Parce que nous n'avons rien de cela. Ce ne sont que des illusions à conquérir. Ce que nous avons, c'est un État mafieux, une démocratie séquestrée et, comme dirait Luis Vidales,  “Leurs libertés n'ont pas de liberté”.

 L'appel de la Direction du Parti communiste colombien à se mobiliser de façon unitaire pour “empêcher toute manifestation de force et rechercher les convergences nécessaires pour atteindre la revendication sociale des majorités populaires, le changement démocratique et la paix dans la justice sociale” est très opportun.

 Mobilisation qui inclut l'appui électoral massif aux candidats du Pôle démocratique alternatif aux élections du 14 mars prochain.

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