Sans gouvernements soumis, il n'y a pas de bases militaires des États-Unis

José Justiniano Lijerón

 

(Traduction ARLAC)

 

  • Tous les gouvernements de notre Amérique qui se sont pliés aux intérêts de la politique nord-américaine, non seulement en acceptant des politiques économiques et le pillage de leurs richesses naturelles, mais en allant à l'extrême de la servilité, ont fait preuve de complaisance en acceptant des bases militaires, avec des armements sophistiqués pour tuer et des équipements d'espionnage et de contrôle de la vie de tous ceux qui ne partagent pas leurs diktats impériaux, et davantage encore aujourd'hui, avec les célèbres “contratistas”, fer de lance de leurs violences, chargés du travail le plus sale.



Depuis le Japon, en passant par le Panama et par tous les lieux du monde où les États-Unis ont déployé leur armée d'invasion, jusqu'à la Colombie, les plaintes pour violations sexuelles et abus de différentes natures font partie du quotidien, sans qu'à ce jour, pour autant qu'on le sache, aucun des coupables n'ait été jugé ou condamné pour ses crimes, étant donné que, conformément à leurs “règles internationales”, ces envahisseurs jouissent de l'immunité et de l'impunité parce qu'ils sont nord-américains, et quelle barbarie de la part de ces classes dominantes qui acceptent une telle humiliation de leurs peuples.

Tout a été dit au sujet du cas concret des 7 bases militaires contrôlées par les gringos en Colombie. Il est clair qu'elles sont une menace dangereuse pour toutes les forces progressistes de ce continent, bien que leurs responsables tentent de faire valoir qu'elles ne visent qu'à réprimer le trafic de drogues et le “terrorisme”, rengaine que même un enfant ne croit plus.

Le gouvernement servile et paramilitaire de Colombie se justifie trompeusement en avançant qu'il est “de son droit souverain” de signer ou d'accepter tout type de convention internationale, mais c'est une demi-vérité, et ce type de convention de soumission et d'abandon de souveraineté s'accompagnant de l'installation de militaires gringos en Colombie nous affecte tous, nous les Latino-américains, comme cela est dénoncé et débattu lors des différentes réunion de l'UNASUR , de l'OEA, du Groupe de Río et surtout de l'ALBA, principal groupe de pays menacés parce que refusant de se soumettre aux politiques impériales.

Certaines offres de "médiation entre la Colombie et le Venezuela" faites par des gouvernements “amis” des futurs agressés au sujet de ce danger imminent pour le progressisme latino-américain, sur la base timorée et conciliatrice selon laquelle “il faudrait demander des garanties de non-agression”, ne peuvent émaner que de naïfs, car toute garantie ou déclaration de la part des États-Unis ou du gouvernement de Uribe ne serait qu'un chiffon de papier face aux aspirations d'invasion du Venezuela et de renversement de la révolution bolivarienne comme effet domino envers l'Équateur et la Bolivie principalement.

Certes, les Nord-américains étaient déjà en Colombie, mais leur présence est plus sérieuse maintenant ; elle prend chaque jour de l'ampleur. Imperturbables, ils font la sourde oreille aux plaintes des gouvernements voisins, des organisations et du peuple en général. On voit même apparaître des provocations de la part du gouvernement colombien contre le Venezuela, pour susciter la riposte des agressés.

La meilleure façon, il n'y en a pas d'autre, d'en finir avec les bases militaires en Colombie et ailleurs sur le continent est de renverser les gouvernements serviles de la meilleure manière possible, et les peuples en sont conscients ; il ne manque qu'une attaque franche et décidée des gouvernements, des institutions, des partis politiques, des ouvriers, des paysans et des peuples en général, pour soutenir les luttes du peuple colombien sous toutes les formes, afin que ce soient ce peuple, avec toute notre solidarité, qui en finisse principalement avec le gouvernement servile colombien.

Tous les Latino-américains, c'est une position décisive, refusent les bases militaires nord-américaines et souhaitent vivre en paix, dans la dignité et leur totale souveraineté, et défendent le droit de suivre le chemin choisi par les peuples vers la libération nationale et l'unité de cette grande patrie.

Nous devons ignorer la fameuse doctrine mensongère de la "non-intervention dans les affaires intérieures” : le cas de ces bases militaires n'est pas un problème interne de la Colombie, il concerne toute la grande patrie et c'est ainsi que nous devons le traiter.

Le peuple colombien qui lutte depuis des décennies pour se débarrasser de cette oligarchie qui vend la patrie a besoin de notre aide décisive ; nous ne pouvons pas continuer à prêcher dans le désert pour la justice, les droits humains et la dignité de ce peuple frère. Nous pouvons et nous devons faire pratiquement beaucoup plus, les Colombiens qui aiment leur pays et leur dignité le méritent.

Au moment où l'Empire s'apprête à lancer une offensive contre le Yémen, les provocations auxquelles les Nord-américains poussent le gouvernement marionnette colombien peuvent faire déborder le verre et déclencher une guerre contre la révolution bolivarienne. Cela reviendrait à déclarer la guerre à tout le peuple latino-américain. Nous répondons ce que Martí a dit en d'autres temps aux Nord-américains face à une invasion imminente de Cuba : “Ici, ils ne trouveront pas de mangues faciles à cueillir”. Et comme le dit Fidel : “Ce sera le début de la guerre de 100 ans”.

José Justiniano Lijerón est un ancien dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne (COB)

 

www.arlac.be