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Association des Réfugiés de l’Amérique Latine et des Caraïbes

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Les alliances criminelles de Coca-Cola
par Iván Cepeda Castro, Saturday,


 

Depuis 23 ans, Luis Javier Correa est employé par la multinationale Coca-Cola en Colombie. Il est également président du Syndicat national des travailleurs de l'industrie de l'alimentation, Sinaltrainal. Un jour de 1987, il a décidé de devenir membre de l'organisation. Le soir, quand il est rentré chez lui, il a trouvé ses frères et son épouse en compagnie du chef des ressources humaines de l'entreprise.

Il était venu les avertir qu'il était dangereux d'appartenir au syndicat. Comme Luis Javier ne s'est pas laissé intimider, ses jours dans l'usine d'embouteillage sont devenus un enfer. Quand il arrivait à la société, les gardes de sécurité signalaient sa présence. Parfois, ils le suivaient jusqu'à son poste de travail et l'escortaient lorsqu'il allait aux toilettes. Ils le surveillaient en outre avec des caméras installées dans toute l'usine. N'importe quel prétexte justifiait une punition, comme quand il a voulu se laisser pousser la barbe et qu'il a été placé en isolement pendant plusieurs jours. Ensuite, ils ont commencé à harceler quiconque avait des relations avec lui. Les travailleurs qui parlent avec des membres du syndicat, ou qui consultent le panneau des informations syndicales sont convoqués par les chefs et intimidés. En 1996, Luis Javier et d'autres de ses camarades ont été accusés d'être des terroristes, mais le montage judiciaire a échoué.

Dans les cinq usines que possèdent les filiales de Coca-Cola dans le pays, on compte 8.700 employés. Sur ce total, 70% sont des employés temporaires qui gagnent moins que le salaire minimum en échange de 16 heures de travail par jour. Ils subissent toutes sortes d'humiliations. Ils n'ont pas le droit de se syndiquer, et ceux qui sont affectés aux ventes sont tenus d'atteindre chaque jour des quotas s'ils ne veulent pas perdre leur emploi. Certains choisissent de s'endetter et paient de leurs propres deniers la marchandise non vendue.

En 1996, dans la commune de Carepa, Antioquia, un groupe paramilitaire est entré dans l'usine d'embouteillage, a assassiné le leader syndical Isidro Segundo Gil et a réuni les employés pour leur dire que s'ils ne liquidaient pas le syndicat, ils seraient tués. Dans l'après-midi, les paramilitaires sont revenus et ont tenté d'arrêter un autre syndicaliste, qui est parvenu à s'enfuir. Dans la nuit qui a suivi, ils ont pillé et incendié le siège de Sinaltrainal. Le gérant de l'usine de Carepa, Ariosto Mosquera, avait menacé publiquement les syndicalistes en leur disant qu'ils tenait les paramilitaires prêts à les assassiner. Ni le commandant de la brigade de l'Armée, Rito Alejo del Río, ni le gouverneur de Antioquia, qui était alors Álvaro Uribe Vélez, ne sont intervenus en l'occurrence. Les syndicalistes ont dû renoncer et quitter la région. En février 1999, la revue Cambio a publié un vaste reportage dans lequel elle faisait savoir que Rubén Darío Salazar, un cadre haut placé de la société, avait rencontré les chefs paramilitaires Ramón Isaza et Carlos Castaño. De temps en temps, apparaissent dans les toilettes de toutes les usines du pays des messages signés par les AUC, qui menacent les leaders syndicaux.

Il y a quelques jours, un tribunal des États-Unis a blanchi la multinationale des accusations de violation des droits de l'homme en Colombie. Cependant, ce n'est qu'un épisode de la longue procédure judiciaire qui va continuer. Entre-temps, cinq universités des États-Unis ont mis fin aux contrats avec Coca-Cola en raison des liens de la société avec les groupes paramilitaires colombiens.



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Iván Cepeda Castro Saturday,
fm_cepeda@yahoo.fr

 
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