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ACTION
URGENTE
DÉTENTIONS MASSIVES DE LEADERS ÉMINENTS PRÉVUES DANS LA VALLÉE
DU CAUCA
Colombie,
le 2 octobre 2006
Nous,
les organisations soussignées, dénonçons devant les communautés
nationale et internationale la nouvelle campagne de harcèlement, de
persécution, de tentative de réduction au silence et d' intimidation
menée contre les défenseurs des droits fondamentaux des secteurs les
plus vulnérables dans le conflit social et armé que connaît la
Colombie, et en particulier le sud-ouest du pays.
LES
FAITS
1.-
Le Procureur général de la Nation (Fiscalía General de la Nación)
détient un dossier d'instruction dans lequel figurent les noms de 13
dirigeants sociaux, syndicalistes, leaders de l'opposition politiques
et défenseurs des droits de l'homme de la Vallée du Cauca, accusés
à tort de crimes de rébellion et de terrorisme.
2.-
La Troisième Brigade de l'Armée nationale et des membres des unités
d'enquête ont fabriqué un document judiciaire confus et dangereux
avec lequel ils essaient de procéder à des arrestations massives
contre ceux qui sont qualifiés de membres d'une
Organisation narcoterroriste au service des FARC et de l'ELN.
3.-
Le montage judiciaire susmentionné accuse les personnes suivantes
d'appartenir à des groupes terroristes nationaux et internationaux :
le Sénateur
de la République, ALEXANDER
LOPEZ MAYA ;
le Président
de l'Association pour la recherche et l'action sociale, BERENICE CELEYTA ALAYON ;
le Président
de Sintraunicol [Syndicat des employés de l'Université], CARLOS ARBEY GONZÁLEZ ;
le
Coordinateur de la Fondation Comité pour la solidarité avec les
prisonniers politiques (Section de la Vallée du Cauca), MARTHA
NIDIA ASCUNTAR ACHICANOY ;
le
Secrétaire à l'Éducation de Sintrametal [Syndicat des ouvriers métallurgiques],
WILLIAN ARLEY ESCOBAR HOLGUIN
;
le
Vice-président de la CUT [centrale syndicale] – Vallée du Cauca, OTONIEL
RAMÍREZ LOPEZ ;
l'ancien
président de SINDESENA [Syndicat des employés de la formation
continue] et candidat au Congrès, WILSON
NEBER ARIAS CASTILLO ;
le
Coordinateur du Département des droits de l'homme de la CUT - Vallée
du Cauca, ARIEL DÍAZ ;
le
membre de l'équipe de coordination de la Fondation Comité pour la
solidarité avec les prisonniers politiques (Section de la Vallée du
Cauca), FERNANDO SÁNCHEZ ESCOBAR ;
l'ancien
Président de SINTRAEMCALI, LUIS
ANTONIO HERNANDEZ MONRROY ;
l'ancien
trésorier de SINTRAEMCALI, HAROL
VIAFARA GONZALEZ ;
le
Secrétaire du Bureau pour la paix et la coexistence du Gouverneur de
la Vallée du Cauca, FRANGEY
RENDÓN GALVEZ ;
le
Directeur de Telé Pacifico et conseiller du Gouverneur de la Vallée
du Cauca, HECTOR ALONSO MORENO PARRA ;
ainsi
que plusieurs employés de la Corporation municipale de Cali, EMCALI EICE ESP, victimes pour la plupart des licenciements massifs
décrétés par l'employeur.
4.-
Le document est enregistré sous le code FGN CTI SIA 358 et 359, référencé
"Objet,
mission de travail, numéros 334 et 335" menée par M. LUIS RAMÍREZ
RIOS, Directeur de la branche Cali-Vallée du Corps technique
d'enquête (CTI), Procureur général de la Nation, et adressé à Mme
MARIA EUGENIA LORA CASTAÑO, Juge 132, détachée auprès de la
Troisième Brigade du Procureur général de la Nation. Le document
comporte un organigramme intitulé "ORGANIGRAMME
DU SERVICE DE ALEXANDER LOPEZ MAYA" et définit cinq
structures, comme suit : SYNDICALE,
ARMÉE, JUDICIAIRE, POLITIQUE ET MBNC. Selon ces structures, les
membres se répartissent comme suit : SYNDICALE
: Carlos González, Otoniel Ramírez, Wilson Arias et Ariel Díaz ;
ARMÉE : Indumiles ; JUDICIAIRE
: Martha Ascuntar, Berenice Celeyta et Fernando Sánchez ; POLITIQUE
: Frangey Rendón et Alonso Moreno ;
MBNC : Ernesto Yepes
et Alejandro Ramírez [MBNC désigne le Mouvement bolivarien pour la
Nouvelle Colombie, mouvement clandestin des FARC].
5.-
Le Sénateur ALEXANDER LOPEZ MAYA a introduit une demande
d'information auprès du Procureur général de la Nation (Fiscalia),
M. MARIO IGUARAN ARANA, pour obtenir des renseignements sur cette
affaire ou d'autres enquêtes qui devaient être menées par la
Fiscalia contre les dirigeants susvisés. Curieusement, dans la réponse
de la Fiscalia au Sénateur, il n'est fait nulle mention de cette enquête
ni d'aucune autre pour les crimes de rébellion ou de terrorisme
contre aucune des personnes accusées dans le rapport FGN CTI SIA 358
et 359 du CTI, de la Fiscalia.
6.-
Outre des allégations graves et fausses contre chacun des dirigeants,
le rapport contient des renseignements personnels : adresses ; numéros
de téléphone privé, du bureau et cellulaire ; noms des proches ;
enfants ; heure du départ de la maison et itinéraires suivis, etc.
7.-
Le document FGN CTI SIA 358 et 359 tente de justifier un coup de filet
ou des arrestations massives menées dans l'ensemble du pays dans le
cadre de la politique de “sécurité démocratique”, en vertu de
laquelle 6.332 personnes ont été arbitrairement privées de leur
liberté ces trois dernières années.
8.-
L'information contenue dans ce montage judiciaire est en outre une
condamnation à mort des personnes désignées comme membres
d'organisations terroristes nationales, qui menace la sécurité, la
vie, la liberté, la dignité, l'honneur et l'intégrité des
dirigeants politiques, sociaux, syndicaux et défenseurs des droits de
l'homme les plus éminents de la Vallée du Cauca.
RAPPEL
OPÉRATION
"DRAGON" : DEPUIS DEUX ANS, LE PLAN CONTINUE
1.-
Le 25 août 2004, un plan sinistre d'extermination, baptisé par ses
auteurs “Opération
Dragon", est révélé et porté à la connaissance du
Procureur général de la Nation (Fiscalía).
2.-
Ce même jour, la Fiscalia ordonne deux raids, l'un à Cali et l'autre
à Medellín, qui permettent de stopper une opération menée par un réseau
de renseignement illégal employant des militaires en activité et à
la retraite et deux sociétés appelées CIL (Consultaría Integral
Latinoamericana) et SERACIS (société de sécurité privée) et
plusieurs institutions de l'État colombien, en possession de
renseignements classifiés et privés sur l'ensemble des dirigeants de
la Vallée du Cauca.
3.-
Parmi les informations trouvées le 25 août 2004, auprès du
Lieutenant Colonel JULIAN
VILLATE LEAL, se trouvait le rapport de renseignement CIME
RIME élaboré par la Troisième Brigade de l'Armée, dont le
quartier-général est à Cali. Outre un organigramme, on y trouve une
liste de 170 personnes, dont les 13 dirigeants cités dans le dernier
montage judiciaire absurde de la Fiscalia, qui encore une fois semble
trouver son origine dans le service de renseignement de la Troisième
Brigade de l'Armée.
4.-
C'est la Troisième Brigade de l'Armée, aujourd'hui publiquement mise
en cause en raison de l'existence de liens entre certains de ses
officiers, les cartels de la drogue et les groupes paramilitaires, qui
a fourni le rapport CIME RIME
au Lt. Col. JULIAN
VILLATE LEAL.
5.-
Le récent rapport FGN CTI SIA
358 et 359 établi par le corps CTI de la Fiscalia, apparaît au
moment même où la procédure judiciaire contre les auteurs matériels
et intellectuels du plan d'extermination dit 'Opération
Dragon' est sur le point d'être clôturée ou classée. Selon la
Fiscalia, et le Bureau du Procureur général de la Nation (Procuraduría
General de la Nación), il ne serait pas justifié d'ouvrir une enquête
officielle contre les militaires, et les agents de l'État et du
gouvernement compromis dans ces faits graves.
Nous
demandons
1.
Que le gouvernement colombien, et en particulier le Président de la République
ALVARO URIBE VELEZ et le
Vice-président FRANCISCO
SANTOS expliquent les raisons pour lesquelles ils continuent de
persécuter les dirigeants de la Vallée du Cauca, notamment les
leaders de l'opposition politique, les dirigeants syndicaux et les défenseurs
des droits de l'homme.
2.
Que la sécurité et l'intégrité physique et psychologique, ainsi
que le libre exercice de leur profession, soient garantis pour ceux
dont les noms figurent dans le document FGN CTI SIA 358 et 359, référencé
comme " Objet, mission de travail, numéros
334 et 335."
3.
Que les responsables intellectuels et matériels de ce montage
judiciaire contre les dirigeants susmentionnés fassent l'objet d'une
enquête et soient jugés de manière exemplaire.
4.
Que la Fiscalía et son unité CTI soient invitées à préciser
publiquement l'origine de l'information que contient le document FGN
CTI SIA 358 et 359.
5.
Que le lien entre le plan d'extermination dit 'Opération
Dragon' et le montage judiciaire référencé Rapport No. FGN CTI SIA 358 et 359 fasse l'objet d'une enquête.
6.
Que l'enquêteur du CTI JAIME
ALONSO MESA CADAVID, LUIS RAMÍREZ RIOS, Directeur du CTI de la
Fiscalía Cali-Valle, et Mme MARIA
EUGENIA LORA CASTAÑO, Juge 132, détachée auprès de la Troisième
Brigade de la Fiscalía, - qui figurent comme signataires, au nom du
CTI Cali Valle, du Rapport No. FGN CTI SIA 358 et 359 –
fassent l'objet d'une enquête.
[Signé]
Asociación
Para la Investigación y Acción Social NOMADESC
Sindicato de Trabajadores de Las Empresas Municipales de Cali SINTRAEMCALI
Sindicato De Los Trabajadores Universitarios De Colombia SINTRAUNICOL
SINTRAMETAL – YUMBO
La
Unión Sindical Obrera USO
Central Unitaria De Los Trabajadores CUT - VALLE DEL CAUCA
Sindicato de Trabajadores de la Minería en Colombia SINTRAMINERCOL
Asociación
para el Desarrollo Social Integral ECATE
Fundación Comité De Solidaridad Con Presos Políticos FCSPP Valle del Cauca
Sintramunicipio Bugalagrande
Sintramunicipio Yumbo
Movimiento Estudiantil del Valle del Cauca y Nariño
Organizaciones Barriales Juveniles Artísticas y Populares de Santiago
de Cali
Campaña
Nacional e Internacional contra la Privatización, la Corrupción, la
Criminalizacion de la Protesta Social y la Impunidad PROHIBIDO
OLVIDAR
Et
autres …
Veuillez
adresser vos protestations à :
Presidencia
de la República
Dr. Álvaro Uribe
Vélez, Cra. 8 No. 7-26, Palacio de Nariño,
Santa fe de Bogotá.
Fax: (+57 1)
566.20.71 E-mail: auribe@presidencia.gov.co
;
Vicepresidencia
de la República
Dr Francisco Santos E-mail:fsantos@presidencia.gov.co
Procuraduría
General de la Nación
Dr. Edgardo José
Maya Villazón. Carrera 5 No. 15-80 Santa Fe de Bogotá. Fax: (+57
1)342.97.23 Email: reygon@procuraduria.gov.co
Defensoría
del Pueblo
Dr. Volmar Antonio Pérez Ortiz. Calle 55 No. 10-32 Bogotá. Fax:
(+571) 640 04 91 E-mail: secretaria_privada@hotmail.com
Mission permanente de la
Colombie auprès des Nations unies à Genève.
Chemin du Champ
d'Anier 17-19, 1209 Ginebra. FAX: (+4122)791.07.87; (+4122)798.45.55 E-mail
mailto:mission.colombia@ties.itu.intmission.colombia@ties.itu.int
Avec
copies à :
Asociación
para la Investigación y Acción Social Nomadesc
Calle 18 No
6-54 Cali Valle del Cauca Colombia
E-mail: accionjuridica.nomadesc@ gmail.com
Campaña Prohibido Olvidar
E-mail dhprohibidolvidar@yahoo.com
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