UN
SÉNATEUR dÉnonce
: L'ARMÉE COLOMBIENNE A EXÉCUTÉ 100 CIVILS POUR PRÉSENTER À LA
PRESSE DES 'GUÉRILLEROS' MORTS AU COMBAT
| Le sénateur colombien Gustavo Petro a dénoncé aujourd'hui l'exécution
par des membres de l'Armée d'au moins 100 personnes, ces dernières
années, dans le but de les présenter à la presse comme des guérilleros
morts au combat. |
Petro, membre du parti d'opposition de gauche Polo Democrático
Alternativo (PDA), a fait cette dénonciation pendant une séance du
Sénat consacrée à l'analyse d'un scandale touchant l'Armée, qui aurait
monté des opérations contre la guérilla.
Le sénateur a affirmé détenir des informations selon lesquelles,
depuis 1998, des opérations militaires auraient fait au moins 100
victimes.
Selon le sénateur, ces irrégularités sont le résultat de la politique
de l'État qui mesure l'efficacité de la lutte contre les groupes de
guérilleros au nombre de victimes, ce qui pousse les militaires à
afficher des 'résultats positifs' au travers de 'mécanismes pervers'.
Le sénateur a déclaré avoir écouté une conversation interceptée entre
un capitaine de l'Armée et un membre des groupes paramilitaires, dans
laquelle ils conviennent de l'assassinat de deux paysans du village
central de Viotá, revêtus ensuite de tenues de camouflage les faisant
passer devant la presse pour des guérilleros.
La séance du Sénat avait été programmée pour analyser la prétendue
participation de deux officiers de l'Armée à un attentat à l'explosif,
survenu le 31 juillet dernier à Bogotá, qui a fait un mort et 22
blessés, dont 21 militaires.
De même, les militaires seraient impliqués dans le montage
d'opérations au cours desquelles des explosifs auraient été saisis,
dans le but apparent d'obtenir la reconnaissance du gouvernement et de
toucher les récompenses offertes à ceux qui aident à prévenir des
attaques terroristes.
Le scandale a commencé lorsque le commandant de l'Armée, le général
Mario Montoya, a déclaré, il y a quelques jours, qu'une enquête
interne avait révélé cette probable irrégularité.
L'attaque aux explosifs et les saisies ultérieures ont été présentées
par l'Armée comme la preuve d'une campagne de la guérilla des Forces
armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour saboter la prise de
fonction du président Alvaro Uribe qui, le 7 août, a entamé son second
mandat de quatre ans.
Cependant, Uribe a déclaré par la suite que le Procureur n'avait
trouvé aucune preuve compromettant les militaires, de sorte que
ceux-ci poursuivent leurs tâches habituelles.
Le ministre de la Défense, Juan Manual Santos, cité par le Sénat
pendant le débat de ce mardi, a soutenu que la campagne terroriste a
été menée par les FARC et que les deux militaires effectuaient des
tâches de renseignement.
La seule personne arrêtée à cette occasion est l'ancienne membre des
FARC, Lidia Alape, alias 'Jessica', qui a collaboré avec les
militaires à des travaux de renseignement, selon des médias locaux.
Cependant, le directeur du Parti Libéral d'opposition, l'ancien
président colombien César Gaviria, a exhorté le gouvernement à
éclaircir les raisons pour lesquelles cette femme est détenue si,
comme on l'affirme, elle a aidé les autorités à prévenir d'éventuels
actes terroristes des FARC.
Avant de partir pour New York en vue de participer à la 61e Assemblée
générale des Nations unies, Uribe a déclaré qu'il espérait que la
justice déterminerait rapidement si les militaires sont coupables ou
innocents.
'Au nom de la justice et de l'honneur, que toute la vérité soit faite.
S'ils sont coupables, qu'ils soient mis en prison ; s'ils ne sont pas
coupables, qu'ils soient déclarés innocents, mais qu'on ne les laisse
pas entre deux, a dit Uribe.
Pour sa part, le sénateur "officialiste" Armando Benedetti a accusé le
ministre de la Défense Santos d'être à l'origine du scandale, pour
avoir ordonné au commandant de l'Armée de révéler la prétendue
responsabilité des militaires et affirmé ensuite qu'il n'y a pas de
preuves contre eux.
Aucun barreau ne saurait étouffer le cri de
la LIBERTÉ. Pour un monde sans
PRISONNIERS POLITIQUES. Pour un monde
de JUSTICE SOCIALE !!!
ARGENPRESS
(Spécial pour ALTERCOM) |