À Caracas, les rues
ne résonnent que d'un seul mot : “Oui”. Le 2 décembre approche et l'on
estime que plus de 60% des électeurs accepteront la réforme
constitutionnelle qui garantira l'approfondissement des changements au
Venezuela.
Caracas est une
ville aux nombreuses collines entièrement couvertes de maisons de
briques nues rouges, dans lesquelles vivent les "pauvres" qui votent
inlassablement pour Chávez. Cette ville, où l'on parle ces jours-ci de
réforme et de socialisme à tous les coins de rue, était devenue ces
derniers mois l'épicentre des efforts internationaux en faveur d'un
échange humanitaire de prisonniers de guerre entre l'État colombien et
les FARC-EP.
Uribe a brutalement
retiré à Chávez ses fonctions de médiateur et de facilitateur pour
l'échange humanitaire alors que le drame des prisonniers de guerre
paraissait proche d'un dénouement, grâce aux démarches entreprises par
le président vénézuélien, notamment des rencontres avec le président
français Sarkozy, avec les proches des prisonniers des parties et avec
des commandants guérilleros.
La perspective d'une
réunion entre le vieux commandant guérillero Manuel Marulanda et Chávez,
après un geste de bonne volonté qui comporterait des preuves que les
prisonniers sont en vie, et la libération éventuelle de certains des
otages de la part des FARC ont sonné l'alarme dans les milieux les plus
réactionnaires de Bogotá et Washington : il était évident que l'on
avançait irréversiblement vers un échange humanitaire.
Les FARC étaient
parvenues à revenir sur la scène internationale après une longue période
d'isolement et Uribe se montrait indigné devant les médias, muré dans sa
position intransigeante. On cherchait un prétexte et, paradoxalement, il
a été trouvé dans un appel téléphonique de médiation de Chávez au
général Montoya, commandant des forces militaires colombiennes.
"Je n'ai pas
confiance, j'ai perdu la confiance. Et c'est grave pour les relations
bilatérales",
a affirmé le président vénézuélien dans une entretien diffusé par la
télévision dans la matinée de samedi à Caracas. "Une formule avait
été proposée, qui faisait son chemin vers la réussite, mais il y a des
gens très proches de celui qui veut la guerre, et surtout les gringos,
qui veulent la guerre parce qu'ils se moquent de la vie, de ces enfants,
femmes, hommes, pères, mères, époux et épouses", a déclaré Chávez.
"Cela va affecter
les relations bilatérales. Uribe a rompu un engagement, parce qu'il
aurait dû m'appeler pour éclaircir les faits. C'est très grave et je
prends note",
a protesté Chávez, visiblement ennuyé, tandis qu'il mettait la
responsabilité de l'échec de sa médiation sur le compte de "gens
proches" du président Uribe, "qui ont beaucoup de pouvoir et ne
veulent pas de l'accord humanitaire".
Enfin, Chávez a
affirmé avec insistance que "la solution au conflit colombien n'est
pas militaire mais politique" et a dénoncé le fait que "les
pressions sont infinies et l'extrême droite colombienne ne veut pas
d'une telle solution".
Ci-joint le compte rendu audio de la Red de Prensa
Alternativa del Suroccidente Colombiano.