Colombie

 

Encore une fois, Uribe freine l'échange humanitaire

 

César Jerez / Samedi 24 novembre 2007

(Traduction ARLAC

À Caracas, les rues ne résonnent que d'un seul mot : “Oui”. Le 2 décembre approche et l'on estime que plus de 60% des électeurs accepteront la réforme constitutionnelle qui garantira l'approfondissement des changements au Venezuela.

Caracas est une ville aux nombreuses collines entièrement couvertes de maisons de briques nues rouges, dans lesquelles vivent les "pauvres" qui votent inlassablement pour Chávez. Cette ville, où l'on parle ces jours-ci de réforme et de socialisme à tous les coins de rue, était devenue ces derniers mois l'épicentre des efforts internationaux en faveur d'un échange humanitaire de prisonniers de guerre entre l'État colombien et les FARC-EP.

Uribe a brutalement retiré à Chávez ses fonctions de médiateur et de facilitateur pour l'échange humanitaire alors que le drame des prisonniers de guerre paraissait proche d'un dénouement, grâce aux démarches entreprises par le président vénézuélien, notamment des rencontres avec le président français Sarkozy, avec les proches des prisonniers des parties et avec des commandants guérilleros.

La perspective d'une réunion entre le vieux commandant guérillero Manuel Marulanda et Chávez, après un geste de bonne volonté qui comporterait des preuves que les prisonniers sont en vie, et la libération éventuelle de certains des otages de la part des FARC ont sonné l'alarme dans les milieux les plus réactionnaires de Bogotá et Washington : il était évident que l'on avançait irréversiblement vers un échange humanitaire.

Les FARC étaient parvenues à revenir sur la scène internationale après une longue période d'isolement et Uribe se montrait indigné devant les médias, muré dans sa position intransigeante. On cherchait un prétexte et, paradoxalement, il a été trouvé dans un appel téléphonique de médiation de Chávez au général Montoya, commandant des forces militaires colombiennes.

"Je n'ai pas confiance, j'ai perdu la confiance. Et c'est grave pour les relations bilatérales", a affirmé le président vénézuélien dans une entretien diffusé par la télévision dans la matinée de samedi à Caracas. "Une formule avait été proposée, qui faisait son chemin vers la réussite, mais il y a des gens très proches de celui qui veut la guerre, et surtout les gringos, qui veulent la guerre parce qu'ils se moquent de la vie, de ces enfants, femmes, hommes, pères, mères, époux et épouses", a déclaré Chávez.

"Cela va affecter les relations bilatérales. Uribe a rompu un engagement, parce qu'il aurait dû m'appeler pour éclaircir les faits. C'est très grave et je prends note", a protesté Chávez, visiblement ennuyé, tandis qu'il mettait la responsabilité de l'échec de sa médiation sur le compte de "gens proches" du président Uribe, "qui ont beaucoup de pouvoir et ne veulent pas de l'accord humanitaire".

Enfin, Chávez a affirmé avec insistance que "la solution au conflit colombien n'est pas militaire mais politique" et a dénoncé le fait que "les pressions sont infinies et l'extrême droite colombienne ne veut pas d'une telle solution".

Ci-joint le compte rendu audio de la Red de Prensa Alternativa del Suroccidente Colombiano.


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