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Personne ne sait combien il y a de disparus en
Colombie : l'Asfaddes |
Bogotá, Prensa CODHES, 06/2009.
L'Association des proches des détenus et disparus en
Colombie, l'Asfaddes, estime que dans ce pays, deux
personnes disparaissent en moyenne chaque jour.
Cependant, cette organisation précise que, compte tenu
de la complexité du conflit armé interne, même les
organismes de l'État qui s'occupent de la question sont
dans l'incapacité de dire qu'ils possèdent une
évaluation réelle de ce fléau.
Gloria Gómez, coordinatrice générale de l'Asfaddes, a
expliqué à Codhes que, dans l'analyse de la disparition
forcée en Colombie, la peur gagne les statistiques :
“Malheureusement, nous croyons qu'aucune organisation ni
aucune autorité ne possède actuellement d'évaluation
chiffrée et ne peut s'appuyer sur les registres ; en
effet, les familles ne dénoncent pas les disparitions
car elles subissent des menaces en raison du contrôle
total de certaines zones par les groupes
paramilitaires”.
Jusqu'en 2006, l'Asfaddes a réussi à documenter quelque
15.000 cas de disparus en Colombie, mais les
statistiques que gèrent le Procureur général de la
Nation et l'Institut national de médecine légale et des
sciences légistes dépassent déjà largement le bilan de
l'association. “Nous savons que les autorités comme
le Procureur général de la Nation et l'Institut de
médecine légale disposent de statistiques qui apportent
la preuve définitive de l'absence de sécurité, mais bien
davantage de la déshumanisation du conflit en Colombie.
Selon ces chiffres, plus de 50.000 personnes ont
disparu”, ajoute Mme Gómez.
Cependant, l'association des disparus et des détenus
insiste sur le fait que ce bilan est une estimation :
“C'est un chiffre approximatif, qui n'est pas réel,
parce que j'insiste : Il n'y a pas de chiffre consolidé
et ceci est l'approximation sur laquelle on travaille ;
compte tenu de ce que le Procureur part d'un chiffre de
plus de 30.000 disparus, comme la Médecine légale, sans
compter les registres …”.
Parmi les cas non dénoncés, on trouve les histoires de
personnes qui ont la certitude, voire des preuves, de
disparition forcée, mais qui se refusent à introduire
une plainte formelle, parce qu'elles ont peur et n'ont
pas confiance. “Beaucoup de gens ont peur parce
qu'ils n'ont pas confiance dans les institutions de
l'État, principalement faute de réponse et de résultats,
et qu'ils trouvent le lieu où se trouve leur être cher ;
non seulement des disparus, mais aussi des
responsables.”, dénonce Gloria Gómez.
Selon l'Asfaddes, en Colombie, la disparition forcée a
été historiquement utilisée comme un mécanisme
d'élimination des opposants politiques et pour semer la
terreur, contrôler et dominer des populations entières :
"Pendant les années 1970 et 1980, elle a été utilisée
comme tactique de répression pour éliminer des opposants
politiques au régime. Des militants de gauche, des
dirigeants sociaux, des leaders populaires et
estudiantins, notamment, dans la mesure où, à cette
époque, le mouvement estudiantin était très fort et
revendiquait des exigences propres aux étudiants".
En ce sens, l'Asfaddes déplore qu'en Colombie règne
encore une grande impunité et une manque de fermeté
quand il s'agit de sanctionner la disparition forcée.
C'est pourquoi elle considère que “il n'existe aucune
sanction qui manifeste la volonté politique de l'État
colombien de sanctionner et de punir les auteurs des
disparitions ”…
Ces dernières heures, la Commission des droits de
l'homme de la Jeunesse communiste colombienne (Juco) a
dénoncé, dans un communiqué, la disparition de la jeune
Cindy Johana Barrero, militante de cette organisation à
Bogotá. Textuellement, la communication dit : "Le
père Edgar Barrero Cuéllar, directeur de la chaire
Martín Baró, est très préoccupé car cette disparition
pourrait être liée aux menaces constantes proférées par
des groupes parastataux à l'encontre tant de la jeunesse
communiste colombienne que de la chaire Martin Baró, et
de lui-même en personne en raison de son travail connu
pour la défense de la vie et de la mémoire du pays”.
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