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Il a été annoncé hier qu'un certain Carlos Pascual, fils,
semble-t-il, des ennemis de la Révolution cubaine, ceux que
l'on appelle les “vers”, a été nommé ambassadeur au Mexique
par le président Obama. Il remplace Tony Garza, qui a
représenté Bush et a épousé la femme la plus multimillionnaire
du Mexique (Aramburozavala). Garza avait pour sa part succédé
à Jef Davidow qui, pendant quatre ans, avait été l'objet
d'accusations au sujet de la “guerre de l'eau”. Selon la
presse, l'ambassadeur Pascual est un spécialiste en “États
fallis” comme le Mexique ; il a plaidé pour “changer le tissu
social des nations”, afin de créer des États “démocratiques et
de les orienter vers le marché” et, d'après sa propre
biographie, “il a participé au démantèlement de l'Union
soviétique”. Les États-Unis choisissent très bien leurs
ambassadeurs parce qu'il les emploient avec efficacité.
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Pourrait-il en être autrement ? L'un des ambassadeurs yankees
le plus connu en tant que fasciste des dernières décennies
s'appelle John Negroponte. Le rôle de ce personnage de la CIA
a été criminel parce qu'il a appuyé des actions couvertes
pendant la guerre civile au Salvador et la “Contra” au
Nicaragua, notamment des missions de minage de ports, des
collectes d'informations aériennes électroniques, des actes de
sabotage contre des installations et des établissements
civils, et l'appui militaire général aux “Contras” a été
fondamental. Aguilar Zinser lui-même, haut fonctionnaire
foxiste d'une capacité certaine, a, lorsqu'il était président
par intérim du Conseil de sécurité des de Nations unies,
décrit John Negroponte comme un "officier de combat, fondateur
des contras du Nicaragua et "célèbre proconsul
des États-Unis au Honduras".
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Negroponte a affirmé cyniquement qu'il y a eu moins de
souffrance en Amérique centrale grâce à l'intervention des
États-Unis. Il oublie peut-être que l'action conjointe des
militaires nationaux et des États-Unis a fait plus de 200.000
morts ou disparus civils au Guatemala, pays auquel Clinton,
qui ne faisait pas partie du gouvernement des États-Unis dans
les années 1980, a présenté des excuses publiques en 1998 pour
la politique menée ces années-là par les États-Unis ? Ou le
Salvador, où les morts se comptent par dizaines de milliers
pendant le conflit armé, avec des épisodes tels que
l'assassinat des jésuites à la UCA en 1989, dans lequel est
intervenu du personnel entraîné par les militaires des
États-Unis ? Ou le Nicaragua, où la Cour internationale de
Justice a condamné les États-Unis, en 1986, à payer une amende
de 16 millions de dollars, jamais versée, pour avoir financé
la contra ?
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Les ambassades, consulats, agences consulaires établis dans
tous les pays sont des institutions qui défendent les intérêts
des gouvernements et des entrepreneurs de la nation étrangère
représentée. Les ambassadeurs et consuls respectent
apparemment les lois du pays dans lequel ils sont établis ;
cependant, l'histoire de la diplomatie mondiale montre que ces
institutions, surtout celles de pays puissants comme les
États-Unis, l'Angleterre, la France, l'Allemagne, etc.,
interviennent ouvertement dans la politique interne, toujours
protégées par de hauts-fonctionnaires et des magnats du
capital. Vu qu'il existe mille et un exemples connus en
Amérique latine et dans le monde, on devrait affirmer que ce
qui est rare, c'est qu'elles n'interviennent pas dans la
politique. L'ambassades des États-Unis en particulier est un
bunker empli d'agents du FBI et de la CIA..
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Au Mexique, il est un épisode connu de l'histoire appelé “Le
Pacte de l'Ambassade des États-Unis”. Il a eu lieu en 1913,
dans les sous-sols de l'ambassade yankee, sous la direction de
l'ambassadeur des États-Unis, Henry Lane Wilson, et s'est
terminé par un coup d'État, l'emprisonnement et l'assassinat
du président Madero et du vice-président Pino Suárez, ainsi
que par la nomination de militaires pour les remplacer. Ce ne
fut pas le premier coup d'État et encore moins le dernier dans
lequel les ambassades nord-américaines ont été les centres de
subversion de régimes de gouvernement avec lesquels les
États-Unis n'étaient pas d'accord. Peut-on oublier le
Guatemala, le Panamá, la Grenade, le Chili, etc., etc. ? La
réalité, c'est que les ambassades sont toujours bourrées
d'agents.
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Ce nouvel ambassadeur, Carlos Pascual, d'après les
publications, est un personnage qui cherchera à renforcer le
contrôle yankee sur le Mexique et, de là, à l'étendre vers
l'Amérique centrale. De 1995 à 2000, il a travaillé au Comité
de sécurité interne de la Maison Blanche, où il est devenu
directeur en chef des Affaires pour la Russie, l'Ukraine et
l'Eurasie, et où il a contribué au démantèlement de l'Union
soviétique et à l'émergence de la soi-disant démocratie
occidentale en Russie, et a aidé à affermir son arsenal et son
matériel nucléaire. On dit que Pascual est très bien préparé
pour exercer cette tâche, étant donné qu'il a été un membre
clé de l'équipe de la diplomatie des États-Unis qui a conduit
l'Afrique du Sud et le Mozambique à se mettre au service du
marché yankee. Il est sans doute bien préparé pour s'occuper
de la frontière yankee.
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Carlos Pascual, l'ambassadeur d'Obama, sait que sa mission
essentielle est de combattre le prétendu “terrorisme”
politique de gauche. Il sait que le narcotrafic, en dernier
ressort, est un allié du capitalisme et de l'impérialisme ;
c'est pourquoi il déclare que : “Laissés dans la misère, à la
détérioration de leur situation, et exclus de l'accès aux
services de base, les gens deviennent sensibles aux
exhortations des démagogues et des trafiquants de la haine (de
gauche)”. Il cite en exemple “l'Afghanistan, un des pays les
plus pauvres du monde, qui était dans cette situation en 2001;
ce pays a servi de base pour l'attaque la plus meurtrière
contre les États-Unis”. Ensuite, il a justifié l'invasion des
nations asiatiques par le gouvernement de George W. Bush, en
représailles pour le refuge accordé à Oussama Ben Laden.
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À partir des accords militaires connus sous le nom de
“Initiative Mérida” ou Plan Mexique, ainsi que des accords sur
la vente d'armes, l'immigration et la sécurité dont ont tant
parlé Janet Napolitano, Hillary Clinton et le président Obama,
l'ambassade yankee au Mexique jouera, dans les prochains mois
et années, un rôle fondamental. Comme pour le Plan Colombie
signé pour combattre le narcotrafic et qui s'est aussitôt
transformé en un Plan assassin pour réprimer les mouvements de
gauche et ceux des travailleurs d'opposition, ce sera la même
chose au Mexique : soumettre le mouvement de López Obrador,
les guérillas de l'EPR, le mouvement zapatiste qui lutte dans
la rue et tous les groupes et courants qui s'opposent au
parlementarisme et à la social-démocratie. Mais le prétexte
continuera d'être le narcotrafic.
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Outre les nombreuses tâches que devra accomplir l'ambassadeur
Pascual au Mexique (“combat” contre le narcotrafic, le
terrorisme, l'immigration, surveillance du mur frontalier,
encouragement de l'armée qui se déploiera à la frontière,
suivi de la réalisation de l'Initiative Mérida, etc., Pascual
devra déployer des milliers d'agents de renseignement
politique yankees pour infiltrer les groupes d'opposition qui
ignorent le gouvernement de Calderón. Tel est le rôle, et pas
un autre, qu'exerceront les fonctionnaires de l'ambassade pour
assurer le contrôle du pays, cela même que le gouvernement
paniste (Parti d'Action nationale) n'est pas parvenu à faire.
La situation s'aggrave en cette période où la crise économique
se fait plus aiguë et où le néolibéralisme se cherche un autre
paradigme.
pedroe@cablered.net.mx.
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