La Jornada
(Traduction ARLAC)


 

La détention, nouvelle attaque de Uribe contre des foyers critiques du pays sud-américain

  Des professeurs de l'Université nationale autonome du Mexique condamnent l'expulsion du sociologue colombien Beltrán Villegas
 

L'arrestation du sociologue colombien Miguel Ángel Beltrán Villegas, remis vendredi par le gouvernement mexicain à la Direction d'Instruction criminelle de la Police (Dijin) à Bogotá, en raison de sa prétendue relation avec le dirigeant décédé des FARC, Raúl Reyes, constitue une nouvelle attaque du régime de Álvaro Uribe contre les rares foyers critiques dans ce pays et révèle la complicité des autorités mexicaines avec les corporations qui poursuivent des citoyens colombiens de l'opposition, selon les dénonciations de professeurs de l'Université nationale autonome du Mexique.

Beltrán Villegas, chercheur en post-doctorat, avait été invité par le Centre d'études latino-américaines à prolonger son séjour académique au Mexique. Dans sa jeunesse, il a milité à l'Union patriotique, formation de gauche légale qui a pratiquement été exterminée dans son pays dans les années 1980. Aujourd'hui, il est l'objet de persécution et de stigmatisation, comme d'autres intellectuels, sous prétexte de lutte antiterroriste, ont-ils ajouté.

Ils ont fait savoir que, tout comme dans les premières années de la stratégie de sécurité démocratique, Uribe a orienté ses actions répressives contre le milieu syndical indépendant et les communautés paysannes, provoquant l'assassinat de centaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d'autres, il vise aujourd'hui les intellectuels critiques.

Beltrán a obtenu au Mexique une licence et un mastère en sociologie (à la Faculté latino-américaine des Sciences sociales et à l'UNAM, de 1993 à 1997). De retour dans son pays, il a été professeur dans les universités publiques du Cauca, d'Antioquia et de Bogotá. À ce jour, il fait partie du personnel enseignant de l'Université nationale (colombienne). Il est l'auteur de nombreuses études sur le conflit armé dans une perspective de gauche, dans un contexte d'autocensure au sein du milieu universitaire, selon ses camarades de l'enseignement, tant mexicains que colombiens, qui, pour des raisons de sécurité, préfèrent rester dans l'anonymat.

Le chercheur a étudié la période de la succession présidentielle de Lázaro Cárdenas en 1934. Il allait poursuivre dans cette ligne de recherche en se penchant sur l'opposition de la droite au projet cardéniste dans le Mexique des années 1930 et 1940.

Il envisageait de se rendre à Bogotá ce mois-ci, pour une visite familiale, mais avait reporté son voyage en raison de la conjoncture sanitaire et parce qu'il voulait régulariser sa situation en matière d'immigration. L'Institut national des Migrations ne lui avait pas encore remis son visa FM-3 définitif. Le visa provisoire, avec lequel il était entré comme universitaire en visite, avait expiré. Ni lui ni sa famille ne savait qu'il existait un dossier contre lui en Colombie.

http://www.jornada.unam.mx/2009/05/24/index.php?section=politica&article=007n1pol

 

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