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À Barrancabermeja  Menaces sur la vie et la liberté de la presse


En ce début de l'année 2006, 10 personnes ont été assassinées, 50 ont quitté la ville en raison de menaces contre leur vie et 4 journalistes ont été menacés : Jenny Manrique, du journal Vanguardia libéral, Álvaro Pérez, de la chaîne locale de télévision Telepetróleo, MARCOS PERALES MENDOZA, du journal PORTADA, et Diro César González, de l'hebdomadaire La Tarde, que l'on a tenté d'assassiner le 17 janvier dernier, selon la dénonciation de l'Espace des travailleurs des droits de l'homme du Magdalena Medio. La Corporation régionale pour la défense des droits de l'homme (CREDHOS) et le candidat au Sénat, Hernando Hernández, ont eux aussi dénoncé les menaces contre des journalistes. La Fondation pour la liberté de la presse -FLIP- lance une alerte mondiale sur la façon dont sont traités les journalistes de Barrancabermeja.

Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, la crise humanitaire s'aggrave dans la ville et la situation est pire que l'année dernière, malgré les dénonciations et les exigences présentées par les organisations sociales et de défense des droits de l'homme devant les différentes instances gouvernementales.

Dans un communiqué public aux communautés nationale et internationale, l'Espace des travailleurs des droits de l'homme du Magdalena Medio a dénoncé "la passivité de l'État central et du gouvernement municipal face à la situation que vivent les différents secteurs de la ville".

Il a rejeté la politique de sécurité démocratique du Président Álvaro Uribe Vélez, "qui, à ce jour, a servi à poursuivre les leaders sociaux, mais non à poursuivre et traduire en justice les responsables des faits criminels perpétrés contre la population civile à Barrancabermeja, tels que ceux du 16 décembre dernier, dans le quartier de La Liga et El Cerro où, dans le cadre d'une opération conjointe, le Procureur et l'Armée ont violé les domiciles des proches de Delfín Rafael Pérez Vides et Jorge Cala, assassinés par les paramilitaires du Bloc central Bolívar des AUC, en novembre 2005.

Il s'agit d'une intervention perverse, de la part des autorités, contre les proches des personnes assassinées qui, outre qu'ils doivent subir la douleur de l'agression criminelle et les intimidations qui visent à les empêcher de dénoncer, et continuer à vivre en présence des bourreaux, doivent aussi supporter des violations de domicile absolument injustifiées, dont l'objectif est de stigmatiser les victimes, mais non de poursuivre les bourreaux, et pour finir, ils doivent subir des déclarations publiques de fonctionnaires municipaux et de la police justifiant les faits".

L'organisation de défense citoyenne a souligné qu'en dépit de tous les faits antérieurs, les efforts des organisations sociales et de défense des droits de l'homme ne sont pas parvenus à ménager des espaces de discussion politique avec les autorités locales et nationales afin de rechercher des moyens efficaces de résoudre cette situation. "Ce que nous constatons de la part des autorités, c'est une absence de volonté politique et d'engagement face à la vie", et l'organisation fait de graves dénonciations sur d'éventuelles combines des gouvernements national et municipal pour ne pas prêter attention aux menaces et assassinats de citoyens à Barrancabermeja, et elle énumère des faits tels que les suivants :

1.- La Vice-présidence annule une réunion fixée au 6 décembre, où il était prévu de demander quelle suite a été donnée aux plaintes introduites par l'espace des travailleurs et travailleuses des droits de l'homme, la Defensoría del Pueblo et les communautés affectées le 28 octobre 2005.

2.- Le maire a annulé à deux reprises, sans aucune explication, la réunion prévue pour les 2 et 16 décembre 2005, où il devait être rendu compte des actions entreprises pour freiner la vague de crimes qui affecte la ville et assurer la tranquillité de la population.

3.-
Le bureau directeur de la Deuxième Commission de la Chambre des Représentants (Sécurité et Défense) a annulé un débat sur la disparition forcée à Barrancabermeja, qui devait se dérouler le 30
novembre 2005.

Appel international

Pour les raisons qui précèdent, il apparaît que la protection de la vie des habitants de Barrancabermeja n'est à l'ordre du jour d'aucune des instances gouvernementales; raison pour laquelle nous nous voyons dans l'obligation de faire appel à la solidarité internationale et de demander aux organisations sociales, à l'église, aux partis politiques et aux populations de se prononcer et de promouvoir une réunion en présence des gouvernements national, départemental et local, pour exiger le respect de la vie, de la liberté d'expression et de la tranquillité de tous et toutes, et nous invitons à une réflexion civiliste sur le rôle que doivent exercer l'État et la société dans la recherche de la paix, dans la dignité et le respect des droits de l'homme dans leur ensemble, ce pour quoi nous ne croyons pas en
la guerre comme solution aux conflits".

Attaques contre la presse


Après les menaces contre les journalistes Juvenal Bolívar, Rosberg Perilla, Janeth Ojeda Bayter, Aldredo Serrano Zabala (qui a quitté le pays), Marcos Perales Mendoza, directeur du journal PORTADA,
Álvaro Pérez Vides, directeur de la chaîne de télévision Telepetróleo, et Jeimy Manrique, est venu le tour de Diro César González Tejada, directeur-propriétaire de l'hebdomadaire La Tarde, qui a échappé aux tueurs qui le cherchaient avec insistance au siège de son entreprise, dans le secteur nord-est de Barrancabermeja, au nord-est de Bogotá.

Selon les informations du communicateur social lui-même, deux hommes circulant à motocyclette sont arrivés au siège du journal, où, après avoir intimidé ceux qui s'y trouvaient, ils ont demandé à voir le journaliste qui, heureusement, n'était pas là. Après avoir vérifié l'absence de leur victime, les tueurs ont décidé d'abandonner la place et de disparaître pour une destination inconnue.

González Tejada, originaire de Magangué (Département de Bolívar) et domicilié à Barrancabermeja depuis plus de 35 ans, a vivement critiqué les activités irrégulières du maire de cette municipalité, Édgard Cote Gravino ; son nom figure notamment sur une liste qui est entre les mains des paramilitaires, et connue des autorités et des médias locaux.

Le gouvernement est l'ennemi de la presse sérieuse

À Barrancabermeja, depuis que l'architecte Édgard Cote Gravino a accédé à la mairie, divers journalistes ont été menacés de mort pour n'avoir pas vanté les actions menées par ce gouvernement, dénoncé pour les liens éventuels des groupes paramilitaires avec la formation du cabinet. Les dénonciations soutiennent que le maire reçoit des ordres du chef paramilitaire, aujourd'hui démobilisé, Ernesto Báez de la Cerda. En dépit de l'autorité des dénonciations présentées, le Procureur n'a émis aucun jugement, ce qui a maintenu la communauté sur des charbons ardents.

Édgard Cote Gravino est Président de l'Association des Municipalités pour la Paix (AMIPAZ), entité qui est "du ressort des paramilitaires", comme l'a dénoncé à plusieurs reprises le père jésuite Francisco De Roux, directeur du Programme de développement et de paix du Magdalena Medio (PDPMM).

Histoire de menaces

Il y a d'abord eu les menaces proférées par le maire Édgard Cote, lors d'une conférence de presse, contre le journaliste Juvenal Bolívar; puis la tentative du même maire de réduire le journal PORTADA au silence par une mise sous tutelle, avec la complicité d'une juge de la municipalité ; ensuite, les menaces de mort contre les journalistes Alfredo Serrano Zabala, qui a dû quitter le pays, et Marcos Perales Mendoza, directeur de PORTADA, parce qu'ils avaient critiqué la corruption et la paramilitarisation de Barrancabermeja ; le journaliste Rosbelt Perilla, dans son journal radio, a également fait savoir que le conseiller Jhon Jairo Moros avait reçu des menaces pour avoir dénoncé la corruption qui règne au Conseil ; le candidat au Sénat, Hernando Hernández Pardo, a reçu du maire des critiques publiques qui ont été considérées comme des menaces, qui font l'objet de poursuites devant l'un des procureurs de cette ville. Plus tard, la journaliste Janeth Ojeda a été surprise par une menace lancée sous forme de "rêve", par un contratista de la municipalité.

Les organismes de défense des droits de l'homme ont dénoncé l'existence d'une liste qui serait entre les mains des groupes paramilitaires et sur laquelle figureraient les noms de personnes se consacrant à la défense des droits de l'homme, de leaders sociaux, syndicaux et du monde du journalisme, qui ne présentent pas sous un jour flatteur la façon dont la municipalité est administrée.

Qui sont-ils ?

Figurent entre autres sur la liste des menacés à Barrancabermeja Socorro Abril, Regulo Madero, Evangelina Marín (qui a dû abandonner son lieu de résidence), David Ravelo, Yolanda Becerra, Alirio Rueda, Ramón Rangel, tous défenseurs des droits de l'homme, Álvaro Pérez Vides (Directeur de la chaîne de télévision `Telepetróleo' (qui a dû partir de manière intempestive vers Bogotá après l'assassinat de son frère José Delfín Pérez Vides).

La liste comporterait en outre les noms des journalistes Diro César González Tejada (Directeur du journal La Tarde) et Janeth Ojeda Bayter (Directrice du journal La Noticia) qui, il y a quelques mois, avait déjà été menacée par un appel téléphonique de la part d'un contratista municipal, ainsi que d'autres journalistes qui ont dénoncé les actes de corruption du maire Édgard Cote Gravino et de quelques-uns de ses fonctionnaires, et le lien éventuel de ce maire avec des groupes paramilitaires, pour lesquels, selon des enquêtes, il maintient des quotas au sein de son cabinet.

Violations des droits de l'homme

Le but de cette liste, dénoncée par un représentant de la curie et par un membre de la Credhos, à laquelle s'ajoutent les noms des journalistes Alfredo Serrano Zabala et Marcos Perales Mendoza, et celui du dirigeant syndical Hernando Hernández, est de faire taire, à Barrancabermeja, l'opinion publique qui n'apprécie pas la présence de Édgard Cote Gravino aux fonctions de maire de la ville, en raison des irrégularités multiples qu'il a commises contre le trésor public et la communauté.

La CREDHOS également

La Corporation régionale pour la défense des droits de l'homme (CREDHOS) s'est elle aussi prononcée énergiquement au sujet de la violation permanente des droits fondamentaux des habitants de Barrancabermeja, en particulier du bâillon que le maire, Cote Gravino, a voulu imposer aux journalistes qui enquêtent sur son gouvernement et dénoncent des faits dolosifs qui auraient été commis en son sein et qui attentent à la communauté résidant dans la principale ville moyenne de Colombie.

Il se déclare candidat au Sénat

Hernando Hernández Pardo, candidat au Sénat de la République a lui aussi élevé la voix pour protester contre le traitement que les groupes paramilitaires ont fait subir à Barrancabermeja aux journalistes impartiaux qui ont eu le courage civique de dénoncer les actes indélicats du gouvernement de cette municipalité.

Le dirigeant social exige "que l'on cesse de menacer les journalistes, d'assassiner et d'attenter aux communautés du port pétrolier".

Dénonciation à l'échelle mondiale


Pour sa part, la Fédération pour la liberté internationale de la presse -FLIP- a alerté les autres organisations de journalistes dans le monde sur les attaques lancées par les paramilitaires contre des journalistes honnêtes de Barrancabermeja pour le seul fait qu'ils ont dénoncé la corruption existant au sein du gouvernement municipal, corruption qui est connue du Procureur local et du procureur provincial.

"TOUTES LES AGRESSIONS CONTRE LES DROITS À LA LIBERTÉ DE LA PRESSE ET À LA LIBERTÉ D'EXPRESSION CONSTITUENT DES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME. AGRESSER UN JOURNALISTE AU MILIEU DU CONFLIT ARMÉ EST UNE INFRACTION AU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE : FONDATION POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE -FLIP-
 


Artículo en Español:   En Barrancabermeja Amenazada la vida y la libertad de prensa

 
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