ARLAC

Association
des
Réfugiés
de l’Amérique
Latine
et
des

Caraïbes

PRISONNIERS POLITIQUES DE COLOMBIE
IIe PARTIE

Ces derniers temps, la vie des prisonniers politiques colombiens est exposée de manière préoccupante. Sous la sale excuse de faire “preuve de cohabitation” entre ceux-ci et les paramilitaires, eux aussi prisonniers, on les met dans la même cellule, ce qui engendre évidemment des situations de conflit.

 

 

Dans le cadre du PLAN COLOMBIE, conçu sous l'argument cynique visant à convaincre le monde qu'il a été lancé pour lutter contre le narcotrafic, alors que nous savons bien que c'est un projet de domination qui, en outre, menace de s'étendre à la région, l'influence des États-Unis s'accroît de manière sensible.

La formation du personnel qui garde les prisons est assurée par du personnel spécialisé des établissements pénitentiaires de ce pays ; ce personnel participe également à des opérations conjointes avec les forces militaires, pour les arrestations.

Les prisonniers politiques sont répartis dans de nombreuses prisons, toutes de sécurité maximale ; celles de Valledupar et Combita ont été créées sur la base d'un accord avec le Bureau fédéral, qui relève des États-Unis et qui intervient dans la construction, la formation des gardiens et le règlement intérieur des prisons.

Les organismes de défense des droits de l'homme ont rencontré, ces derniers temps, beaucoup de difficultés pour exercer leur mission humanitaire. Le gouvernement de Alvaro Uribe Vélez refuse catégoriquement d'accorder le statut politique aux prisonniers de guerre et aux prisonniers politiques eux-mêmes, ce qui lui permet d'ignorer les accords internationaux qui règlent les conflits intérieurs, tels que la Convention de Genève.

Les prisons colombiennes sont surpeuplées, suite aux détentions massives, et l'alimentation et la santé. Y sont déficientes. On dénonce le cas d'une prison de femmes, où trois femmes doivent dormir dans une cellule de 2m x 1,80 m.

La nuit, les prisonniers n'ont pas la permission d'aller aux toilettes, les portes, fermées, n'étant pas rouvertes avant le matin suivant.

Les prisonniers politiques sont privés de programmes d'éducation permanente bien que la loi envisage pour eux la possibilité d'étudier. Ils n'ont pas non plus accès aux contrôles médicaux, et il arrive qu'ils ne puissent bénéficier d'une consultation qu'après plusieurs mois d'attente.

Certaines prisons n'ont même pas l'eau !
En octobre 2001, une commission internationale s'est rendue dans 15 prisons de Colombie, dont 3 de femmes, et dans divers services de police.

Cette commission a dénoncé, au niveau mondial, les cas de corruption, de mauvais traitements et de mauvaise gestion constatés dans la plupart des établissements pénitentiaires.

La dénonciation vise en particulier la prison de Valledupar – la plus moderne du pays, avec une orientation yankee …- où les membres de la commission ont trouvé des fers et des bâtons métalliques avec du caoutchouc pour frapper les prisonniers sans laisser de traces.

Selon le rapport rendu par les membres de la commission, “TOUTES les prisons colombiennes sont un enfer”, ce qu'ils dénoncent en rendant l'État responsable de cette situation.

Cependant, rien ne change dans les prisons ; on y viole les droits à la vie et à la dignité des personnes : santé, éducation, travail, alimentation, voire défense.


Luz Perly Córdoba, dirigeante de l'Association paysanne de l'Arauca, ancienne prisonnière politique du régime colombien, responsable des DROITS DE L'HOMME À LA FÉDÉRATION NATIONALE SYNDICALE UNITAIRE AGROPASTORALE FENSUAGRO-CUT, qui a reçu le Prix de la paix de 2004 remis par le Comité Bjorneklo - Danemark - , offre un témoignage excellent de ce qu'est la vie d'un prisonnier politique en Colombie.

Elle explique :

“Dans la cour où je me trouvais, qui était celle des prisonnières politiques, il y avait 112 femmes dans un espace construit pour 30.
Et elle poursuit : les prisonniers politiques sont isolés dans des quartiers de dangerosité extrême pour qu'ils n'aient pas de contacts avec les prisonniers de droit commun.
Les visites sont extrêmement limitées, et l'alimentation et les conditions de vie sont très mauvaises.
Nous n'avons pas non plus la moindre possibilité de soins médicaux ; une camarade est morte dans la cour faute de soins, et cela se produit dans toutes les prisons.

On connaît des cas dans lesquels les camarades doivent assurer seuls leur défense, car ils manquent de moyens pour payer des avocats, ce qui les laisse absolument sans protection.

Les personnes qui viennent rendre visite à un camarade sont suivies quand elles quittent la prison. On cite même le cas du fils d'une camarade, qui a été assassiné à sa sortie.

Il est courant que, dans de nombreuses prisons, le prisonnier politique n'ait pas non plus la permission de lire, ajoute Luz Perly ; en outre, les prisonniers sont transférés dans des prisons différentes, ce qui leur fait perdre la possibilité de recevoir des visites.

Grâce au travail de ses camarades et à la solidarité internationale, Luz Perly a été libérée, bien que poursuivie pour diverses charges.

Nous espérons que la solidarité internationale se manifestera également pour tous les prisonniers et prisonnières de Colombie …..
 

 

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