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Uribe
continue de se moquer de tous, la guérilla poursuit ses combats, les
paramilitaires continuent de tuer, de déplacer, de persécuter, de torturer ;
la géographie colombienne baigne dans le sang du peuple, Dieu sait jusqu'à
quand ; telle est la terrible réalité que subit ce pays du nord de
l'Amérique du Sud.
Mais
quelles que soient les propositions, le président colombien répond avec sa
superbe habituelle et son mépris pour la vie : “Nous n'évacuerons pas un
millimètre de notre territoire”. Il prétend, d'une manière qui frôle la
grossièreté, qu'en cas de libération éventuelle, les révolutionnaires
devront abandonner les rangs de leur mouvement ou continuer à servir leur
peine dans un autre pays (peut-être aux États-Unis d'Amérique du Nord …?)
Il importe de préciser que le mouvement insurrectionnel ne demande nullement
que les prisonniers qu'il libérerait mènent leur vie selon une règle
quelconque.
En d'autres termes, les militaires, les policiers les politiciens aux mains
des FARC pourraient reprendre leurs activités tout comme auparavant.
Les révolutionnaires devraient abandonner leurs postes … ???
La Suisse, l'Espagne et la France montrent leur volonté d'intervenir dans le
très grave problème qui frappe la société colombienne ; de fait, ces pays
ont proposé d'envoyer des observateurs, ainsi qu'une commission pour
contrôler ce qui se passe sur le terrain.
Nous pouvons donc dire en résumé que pour ce qui est de l'échange
humanitaire de prisonniers, il n'existe pas de volonté réelle de la part du
gouvernement de faire en sorte que les procédures puissent se dérouler.
Il existe en revanche une grande volonté de la part de la communauté
nationale et internationale de permettre la rencontre avec les familles
aujourd'hui blessées par tant d'années d'incertitude et d'absence des êtres
chers.
Uribe continue de se moquer de tous, la guérilla poursuit ses combats, les
paramilitaires continuent de tuer, de déplacer, de persécuter, de torturer ;
la géographie colombienne baigne dans le sang du peuple, Dieu sait jusqu'à
quand ; telle est la terrible réalité que subit ce pays du nord de
l'Amérique du Sud.
Le 28 janvier, Julián Ernesto Guevara Castro, prisonnier de guerre aux mains
de l'insurrection et capitaine de la police, meurt. Les FARC ont proposé de
remettre son corps à ses proches, sous réserve que le gouvernement offre les
garanties permettant cette remise.
Ce décès aurait pu être évité, au moins dans cette situation de captivité,
si l'échange de prisonniers avait été réalisé. Combien de morts faudra-t-il
encore pour qu'il soit mené à bien ?
Jusqu'où l'intransigeance peut-elle dépasser le respect de la vie ?
Selon certaines informations, les États-Unis auraient manifesté de l'intérêt
pour prendre des contacts en vue d'échanger Sonia et Simón, contre leurs
trois agents aux mains des FARC ; évidemment, ils ne l'ont pas fait
ouvertement, mais ils tenteraient un pacte “dans le dos” de la presse
internationale, ce à quoi la guérilla se refuserait.
Le mercredi 22 janvier, l'époux d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lepomte, a
affirmé à la presse que “si Uribe est réélu, la libération d'Ingrid sera
difficile”.
Il a rappelé une rencontre entre Ingrid et Uribe dans une station de radio à
Barranquilla, tous deux en pleine campagne électorale, lors de laquelle elle
l'a accusé pour ses liens avec le narcotrafic, ce qui a profondément ennuyé
Uribe.
Serait-ce un des motifs pour lesquels ce personnage ignore les possibilités
d'échange ?
Tout indique que ce serait bien le cas.
Mais il est utile de rappeler que les tentatives de l'insurrection en faveur
de l'échange de prisonniers ne sont pas nouvelles ; si nous pouvons parler
du présent, c'est parce qu'il y a eu un passé, en l'occurrence extrêmement
triste, néfaste, qu'il vaut la peine de rappeler.
Pendant sa campagne présidentielle, le président Pastrana agitait les
drapeaux de la paix, dans le but très clair d'obtenir des voix. La
communauté internationale a été témoin des tentatives de DIALOGUE et de
négociation avec l'insurrection, vraisemblablement dans le but de trouver,
entre les deux parties au conflit, un accord qui permette de changer la
situation colombienne.
Mais pendant que se déroulaient ces dialogues, le paramilitarisme exécutait
des crimes horribles contre la population désarmée, des massacres, des
tueries, des persécutions, des disparitions, qui montraient que les parties
intéressées à trouver des accords de paix n'étaient pas précisément deux …
L'appareil de guerre de l'État se renforçait, de même que toutes ses
institutions, ce qui était rendu possible, sans doute, grâce aux faveurs des
États-Unis. Ils essayaient d'obtenir que l'insurrection prenne le chemin de
sa démobilisation, suivie de sa réinsertion dans la vie civile.
Au milieu de 2001, l'insurrection et le gouvernement se mettent d'accord et
rendent effectif un échange humanitaire de prisonniers.
147 rebelles et 47 militaires sont libérés.
Au mois de juin et sans aucun accord préalable, la guérilla libère 304
prisonniers supplémentaires, à La Macarena.
En février 2002, le gouvernement lance l'opération militaire Thanatos, qui
met fin aux dialogues …
Le 20 février 2002, à 21 heures, Pastrana ordonne aux Hauts Commandements
militaires de lancer l'attaque qui devait démarrer à minuit.
Mensonges, moquerie, conspirations, voilà ce qui se succède sur la très
riche terre colombienne. La société civile a été trompée en permanence ; on
continue d'entretenir cette guerre qui paraît tant profiter aux intérêts des
gouvernements et à leurs suites de politiciens aussi corrompus qu'eux.
La guerre poursuit son escalade ; le président Uribe vient de signer le
Traité de libre échange avec les États-Unis.
Il est surprenant de voir l'agilité du président lorsqu'il s'agit de
soumettre son peuple …
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