ARLAC

Association
des
Réfugiés
de l’Amérique
Latine
et
des

Caraïbes

PRISONNIERS POLITIQUES DE COLOMBIE
VIIe PARTIE

 

 Uribe continue de se moquer de tous, la guérilla poursuit ses combats, les paramilitaires continuent de tuer, de déplacer, de persécuter, de torturer ; la géographie colombienne baigne dans le sang du peuple, Dieu sait jusqu'à quand ; telle est la terrible réalité que subit ce pays du nord de l'Amérique du Sud. 

Mais quelles que soient les propositions, le président colombien répond avec sa superbe habituelle et son mépris pour la vie : “Nous n'évacuerons pas un millimètre de notre territoire”. Il prétend, d'une manière qui frôle la grossièreté, qu'en cas de libération éventuelle, les révolutionnaires devront abandonner les rangs de leur mouvement ou continuer à servir leur peine dans un autre pays (peut-être aux États-Unis d'Amérique du Nord …?)

Il importe de préciser que le mouvement insurrectionnel ne demande nullement que les prisonniers qu'il libérerait mènent leur vie selon une règle quelconque.

En d'autres termes, les militaires, les policiers les politiciens aux mains des FARC pourraient reprendre leurs activités tout comme auparavant.

Les révolutionnaires devraient abandonner leurs postes … ???

La Suisse, l'Espagne et la France montrent leur volonté d'intervenir dans le très grave problème qui frappe la société colombienne ; de fait, ces pays ont proposé d'envoyer des observateurs, ainsi qu'une commission pour contrôler ce qui se passe sur le terrain.

Nous pouvons donc dire en résumé que pour ce qui est de l'échange humanitaire de prisonniers, il n'existe pas de volonté réelle de la part du gouvernement de faire en sorte que les procédures puissent se dérouler.

Il existe en revanche une grande volonté de la part de la communauté nationale et internationale de permettre la rencontre avec les familles aujourd'hui blessées par tant d'années d'incertitude et d'absence des êtres chers.

Uribe continue de se moquer de tous, la guérilla poursuit ses combats, les paramilitaires continuent de tuer, de déplacer, de persécuter, de torturer ; la géographie colombienne baigne dans le sang du peuple, Dieu sait jusqu'à quand ; telle est la terrible réalité que subit ce pays du nord de l'Amérique du Sud.


Le 28 janvier, Julián Ernesto Guevara Castro, prisonnier de guerre aux mains de l'insurrection et capitaine de la police, meurt. Les FARC ont proposé de remettre son corps à ses proches, sous réserve que le gouvernement offre les garanties permettant cette remise.

Ce décès aurait pu être évité, au moins dans cette situation de captivité, si l'échange de prisonniers avait été réalisé. Combien de morts faudra-t-il encore pour qu'il soit mené à bien ?

Jusqu'où l'intransigeance peut-elle dépasser le respect de la vie ?

Selon certaines informations, les États-Unis auraient manifesté de l'intérêt pour prendre des contacts en vue d'échanger Sonia et Simón, contre leurs trois agents aux mains des FARC ; évidemment, ils ne l'ont pas fait ouvertement, mais ils tenteraient un pacte “dans le dos” de la presse internationale, ce à quoi la guérilla se refuserait.

Le mercredi 22 janvier, l'époux d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lepomte, a affirmé à la presse que “si Uribe est réélu, la libération d'Ingrid sera difficile”.

Il a rappelé une rencontre entre Ingrid et Uribe dans une station de radio à Barranquilla, tous deux en pleine campagne électorale, lors de laquelle elle l'a accusé pour ses liens avec le narcotrafic, ce qui a profondément ennuyé Uribe.

Serait-ce un des motifs pour lesquels ce personnage ignore les possibilités d'échange ?
Tout indique que ce serait bien le cas.

Mais il est utile de rappeler que les tentatives de l'insurrection en faveur de l'échange de prisonniers ne sont pas nouvelles ; si nous pouvons parler du présent, c'est parce qu'il y a eu un passé, en l'occurrence extrêmement triste, néfaste, qu'il vaut la peine de rappeler.

 Pendant sa campagne présidentielle, le président Pastrana agitait les drapeaux de la paix, dans le but très clair d'obtenir des voix. La communauté internationale a été témoin des tentatives de DIALOGUE et de négociation avec l'insurrection, vraisemblablement dans le but de trouver, entre les deux parties au conflit, un accord qui permette de changer la situation colombienne.

Mais pendant que se déroulaient ces dialogues, le paramilitarisme exécutait des crimes horribles contre la population désarmée, des massacres, des tueries, des persécutions, des disparitions, qui montraient que les parties intéressées à trouver des accords de paix n'étaient pas précisément deux …

L'appareil de guerre de l'État se renforçait, de même que toutes ses institutions, ce qui était rendu possible, sans doute, grâce aux faveurs des États-Unis. Ils essayaient d'obtenir que l'insurrection prenne le chemin de sa démobilisation, suivie de sa réinsertion dans la vie civile.

Au milieu de 2001, l'insurrection et le gouvernement se mettent d'accord et rendent effectif un échange humanitaire de prisonniers.

 147 rebelles et 47 militaires sont libérés.

Au mois de juin et sans aucun accord préalable, la guérilla libère 304 prisonniers supplémentaires, à La Macarena.

En février 2002, le gouvernement lance l'opération militaire Thanatos, qui met fin aux dialogues …

Le 20 février 2002, à 21 heures, Pastrana ordonne aux Hauts Commandements militaires de lancer l'attaque qui devait démarrer à minuit.

Mensonges, moquerie, conspirations, voilà ce qui se succède sur la très riche terre colombienne. La société civile a été trompée en permanence ; on continue d'entretenir cette guerre qui paraît tant profiter aux intérêts des gouvernements et à leurs suites de politiciens aussi corrompus qu'eux.

La guerre poursuit son escalade ; le président Uribe vient de signer le Traité de libre échange avec les États-Unis.

Il est surprenant de voir l'agilité du président lorsqu'il s'agit de soumettre son peuple …

 

 

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