|
C'est une honte, cet usage
qui a été fait d'un territoire souverain volé à Cuba, affirment
Chomsky, Pérez Esquivel, Gordimer, Menchú et Lamrami,
qui
exigent que les États-Unis quittent Guantánamo
Ils dénoncent le fait que la base navale est utilisée comme une
"prison médiévale" pour plus de 500 combattants |
|
DE
LA RÉDACTION
Cinq
personnalités mondiales ont exigé que les États-Unis se retirent
"maintenant" de la base de Guantánamo, à l'extrême est de Cuba, qui est
utilisée comme une "prison médiévale" pour plus de 500 présumés combattants
talibans et de Al Qaeda, détenus depuis la fin 2001.
Le texte, signé par le
politologue et linguiste nord-américain Noam Chomsky, les prix Nobel de la
Paix Adolfo Pérez Esquivel et Rigoberta Menchú, la prix Nobel de Littérature
Nadine Gordimer (Afrique du Sud) et le chercheur français Salim Lamrami, a
été publié hier, à la une du quotidien officiel cubain Granma.
Ci-après, le texte intégral
du communiqué des intellectuels, intitulé "Les États-Unis doivent se retirer
de Guantánamo, maintenant !" :
·
"Pendant plus d'un siècle, les États-Unis sont intervenus,
ont fait la guerre et ont imposé des traités impérialistes contre le droit
du peuple cubain à la souveraineté. En 1897, quand Cuba a obtenu la victoire
lors de la Seconde guerre d'indépendance contre l'Espagne, Theodore
Roosevelt encouragea le président des États-Unis, McKinley, à intervenir. En
1898, les États-Unis déclarèrent la guerre à l'Espagne pour empêcher Cuba de
devenir indépendante.
·
"En 1901, parmi d'autres mesures imposées pour codifier le
contrôle de Cuba, notamment pour que "les États-Unis puissent intervenir
militairement à tout moment", figurait le décret tout aussi outrageant qui
stipulait que Cuba devait vendre ou louer à une puissance étrangère, les
États-Unis, 'les terres nécessaires pour l'extraction du charbon ou des
bases navales en certains points spécifiques'. Outrageant parce que cela
s'est toujours terminé ou a cherché à se terminer par une invasion ou une
annexion du territoire du pays par une puissance étrangère.
·
"Guantánamo était un 'point spécifique', ou l'on a construit
une base navale nord-américaine avec les conséquences que tout le monde
connaît. La pauvreté d'un ancien pays colonisé a été exploitée de manière
honteuse par les États-Unis démocratiques, en échange d'un loyer annuel de
2.000 dollars en or, en vertu du principe selon lequel une puissance riche a
le privilège moral de tout acheter, y compris une partie d'un autre pays.
Depuis 1959, Cuba se refuse à toucher le loyer.
·
"L'usage qui a été fait d'un territoire souverain comme suite
à ce vol avéré est, en fin de compte, un motif de honte et de disgrâce pour
les États-Unis et aussi pour le monde contemporain qui, intimidé par le
pouvoir des États-Unis, fait semblant de ne pas voir cette prison implantée
de manière flagrante dans un pays étranger.
·
"Les horribles conditions d'isolement, de privation et de
torture qui règnent dans cette prison médiévale, condamnées par Amnesty
International et un nombre croissant d'organisations de défense des droits
de l'homme, perdurent à cause des États-Unis, une puissance étrangère qui
n'a pas le droit d'être là.
·
"Les droits de l'homme sont constamment bafoués dans notre
monde. Ce qui donne souvent lieu à des conflits d'une grande complexité
religieuse, entre factions, auxquels il est immensément difficile de trouver
des solutions justes. Guantánamo est une exception évidente. La solution
juste est simple.
"Tous
les États, les communautés et, avant tout, toute personne responsable et
consciente que la véritable humanité entre les nations et les peuples ne
peut exister que dans la justice doivent exiger, au nom de cette justice,
que les États-Unis se retirent de Guantánamo sans conditions, maintenant !"
LA
JORNADA
(Traduction
ARLAC)
|
COLECTIVO FRANCO COLOMBIANO
Lyon Francia
LEA Y ESCUCHE LAS
NOTICIAS MAS RECIENTES
|